Montparnasse, Quartier latin, la tombe de Molière et Montmartre

Paris, 15-18 septembre 2008 – Je ne suis monté dans aucune tour jusqu’ici, sachant d’avance que la meilleure vue sur Paris, c’est à la Tour Montparnasse qu’on la trouve. Après la routine matinale un peu tardive, je pars en métro vers la station Montparnasse-Bienvenue. Avec un tarif de 10 euros, la tour est chère, mais je sais que je suis à la bonne place. Alors on monte. L’ascenseur prend à peine plus de 30 secondes pour gravir 200 mètres. Pas de niaisage.

À la sortie sur la terrasse, le soleil est vraiment puissant et une légère couche de smog semble planer sur la ville. C’est un petit défi de prendre une photo parfaite. Au moins, le soleil est dans mon dos quand je prends la tour Eiffel. C’est pour ça que je suis ici le matin, d’ailleurs. C’était le matin ou le soir pour les conditions qu’on y trouve, mais la photo de nuit de la tour, je l’ai déjà :-) La Tour Montparnasse, qui jure avec le reste de la ville, offre clairement la meilleure vue.

Redescendu, je me dirige vers les Catacombes et la rue Daguerre, deux recommandations d’amis et de mon guide de tourisme. La rue Daguerre ne m’impressionne guère – jeu de mots pour ceux qui suivent encore – et les Catacombes sont fermées le lundi. Bon ben tant pis, je me passerai de la pile d’ossements pour ce voyage. Pas le goût de faire un détour plus tard.

Je marche un peu dans les environs du quartier pour profiter des airs villageois de certaines rues entre la tour Montparnasse et le jardin de Montsouris. Je passe notamment dans le cimetière Montparnasse. Faut savoir qu’il y a plusieurs gros cimetières avec des pierres tombales qui sont de petits monuments funéraires à Paris. Plusieurs sont hôtes de tombes de personnages historiques célèbres. Le plus gros est celui du Père Lachaise, une visite prévue pour mercredi.

En arrivant à Montsouris, je vois rapidement qu’il n’y a pas grand chose qui m’y intéresse. Un jardin sympathique, mais sans plus. Le square Montsouris ne me dit rien non plus. C’est calme, bel endroit pour relaxer si l’on habite dans le coin, mais rien qui justifie la visite.

Je prends donc le tramway (yeah !) pour aller au parc Georges-Brassens, qui a comme truc original un jardin de senteurs. Le tramway me fait tellement penser à ma visite de Strasbourg il y à quatre ans. C’est sympathique comme mode de transport car vous voyez la ville défiler pendant le trajet. Le parc, lui, est assez simple mais bien intéressant. Le jardin de senteurs est plein de plantes et fleurs comme la lavande, la menthe poivrée et l’estragon. On pense presque à en ramasser pour se faire de la bouffe.

Par la suite, je reprends le tramway pour aller au parc Andre-Citroen. Situé sur le site d’anciennes usines de voitures, il a été inauguré au début des années 1990 et il se veut futuriste. C’est raté, les amis. Trop de béton, pas assez de verdure et d’effets artistiques. Ceux qui ont conçu ceci ont vraiment trop insisté pour couler du béton. Il y en a assez dans les rues, me semble.

En fin de journée, je décide de souper près de la tour Montparnasse. Cette fois, je décide de donner une chance à l’Hippopotamus, une chaîne que l’on trouve dans à peu près toutes les places achalandées de la ville. L’endroit est très populaire et spécialise dans la viande grillée. J’y essaie le hamburger au poivre et on me recommande du vin rouge pour aller avec. Hamburger et vin, tiens donc. Le repas est très bon. Faut toutefois insister quand on veut de la viande bien cuite. Ils ont tendance à laisser ça rouge assez foncé !

Après maintes hésitations, je décide que la dernière semaine de ce voyage se passera à Grenoble. J’ai envisagé plusieurs options mais pour certaines comme la Belgique, les auberges étaient déjà prises. Pour d’autres, le voyage en train aurait coûté très cher sans «Railpass» acheté d’avance avec Rail Europe. Je fais donc le choix de la proximité, des Alpes et d’une semaine à faire soit de la marche, soit trouver des façons de relaxer. On va prendre ça bien mollo pour terminer les vacances en montagne. Je réserve donc des billets de train et l’auberge de jeunesse à Grenoble, histoire d’avoir ce qu’il faut pour me déplacer et dormir !

16 septembre

Hmmmm. Il reste seulement 11 jours avant le départ. Plus on est avance dans un voyage, plus on dirait que ça passe vite. C’est toujours la même histoire.

Aujourd’hui, je mets le cap vers le 5e arrondissement, où l’on trouve une foule d’attraits sur les bords de la Seine. Je commence la journée au canal St-Martin. Bel endroit pour prendre une marche en ville, sans être spectaculaire.


Canal St-Martin

J’enchaîne avec le jardin des Plantes. L’endroit est destiné tant aux visiteurs qu’aux étudiants en botanique. On y trouve toutes sortes de fleurs et plantes, incluant des plants de tomates, d’herbes qui servent à cuisiner… et de tabac. On y voit même un tabac très decoratif, ce qui rappelle que cette plante a été détournée à des fins parfaitement imbéciles.

Un jardin alpin est aussi présent pour cultiver et comprendre le comportement de plantes montagnardes. Elles peuvent être utilisées notamment pour la médecine. Bien fascinant, tout cela. On voit d’ailleurs beaucoup d’étudiants qui prennent des notes sur les plantes.

Après cette visite distrayante, je pars à pied vers Mouffetard. Le quartier est petit, a bien du charme, surtout pour ses rues étroites et la place de la Contrescarpe. Bel endroit pour s’y acheter une crêpe et marcher. Non loin de là, on trouve le Panthéon, en plein milieu du quartier le plus universitaire de Paris. L’édifice, à saveur tant civile que religieuse, est gigantesque quand on le compare à d’autres. Du néoclassique qui ne cache aucunement sa grandeur. L’architecte devait être un sacré mégalomane. Je l’aime déjà.


Le Panthéon

Après coup, je marche vers le quartier St-Michel et la Seine. J’y suis passé rapidement en 2004, quand je revenais de Strasbourg. Mais ma visite était trop rapide, j’y étais seulement pour passer une soirée alors que je me relevais d’une tourista.  Je voulais seulement un souper facile à digérer et aller me coucher. Cette fois, je prends le temps de visiter.

Je vais voir les églises St-Severin et St-Julien-le-Pauvre mais vraiment, ça ne me touche pas. Je me souviens maintenant pourquoi les églises occupent une place si petite au sein de mes plans de voyage. Seules les grandes cathédrales et basiliques valent une visite. Je me rapproche de la Seine, arrivant sur le Quai St-Michel. Là tu parles. C’est plein de Parisiens et touristes. Il y a beaucoup d’étudiants et de librairies par ici. Beaucoup de cafés et restos. On voit la cathédrale Notre-Dame, la Seine et ses rives charmantes. Je me souviens d’avoir vu tout ceci il y a quelques années mais c’est mieux quand on est là pour admirer.

Je passe par une librairie pour m’y acheter un petit guide pour Grenoble. J’aurai cinq jours à remplir si l’on exclut les trajets de train d’aller et de retour. Je veux donc planifier quelques affaires.

Après cela, je cherche une place pour souper. Je suis une recommandation d’une collègue et vais jeter un coup d’oeil au rester le Pré Verre. Ça ouvre dans quelques minutes mais plusieurs affaires me découragent. La première, c’est de voir les prix. Les verres de vin à 9 euros sont tout simplement inacceptables. Pour moins que ça, on peut avoir un demi de bonne qualité ailleurs ! Les plats à 17 euros ne sont pas donnés non plus. N’ayant pas encore la confirmation que je me ferai rembourser pour mon billet de Zoom Airlines, je veux quand même contrôler les dépenses. Plus proche de la Seine, je trouve le deuxième Pizza Marzano de Paris. Ayant bien apprécié le rapport qualité-prix, je décide de souper là. Cette fois, j’essaie la pizza Romanita. Cuite avec une sauce tomate, on y ajoute tomates, mozzarella et basilic après la cuisson. Comme c’est plus doux que la pizza épicée de l’autre fois, je commande un demi de vin rosé cette fois. Bon choix. Et bonne bouffe. Et bonne fin de soirée !

17 septembre

Encore une fois, je me lève vers 10h. Tant pis, je suis en vacances :-) Aujourd’hui, il est temps de visiter le fameux cimetière du Père-Lachaise. C’est le plus célèbre de Paris. En y entrant, je comprends pourquoi. Les grosses pierres tombales sont parfois des véritables oeuvres d’art pour enjoliver la dernière demeure de leurs occupants. Quand je vois tout cela et que je pense à la vie chère parisienne, je me dis que reposer en paix au Père-Lachaise, ça doit coûter cher en chien. Pour ceux qui ont de l’argent, c’est une facon plus noble de terminer sa vie, proche d’une foule de Français connus.


Tombes de Molière et de La Fontaine

Pendant ma visite, je tombe sur l’endroit où reposent côte-à-côte Molière et La Fontaine. Les inscriptions sur leur tombes sont en latin. Schade. Qui connaît l’histoire napoléonienne reconnaîtra aussi un nom que j’ai remarqué: Joachim Murat. Un des piliers du régime de l’empereur.

Mais bon. Les tombes sont intéressantes, sans que ça rende une journée très joyeuse. On repart, cette fois vers Montmartre. Je choisis la station de métro la plus proche du boulevard Rochechouart, que le guide de voyage recommande de visiter. Malheureusement, en sortant du métro, je vois que je suis au sein d’un des coins les plus «populaires» (dans le sens pauvre et très achalandé) de Paris. Bien des gars à la tronche douteuse sont autour. Je n’aime pas ça du tout. Je marche un peu plus vite que la normale vers Halle St-Pierre, pour visiter la belle partie du quartier.

En y allant, je vois un gars qui invite les gens à parier avec lui. Il a trois petites rondelles noires, dont une avec un cercle blanc sur un côté. Jouant de vitesse et d’adresse, il les manipule et donne une personne gagnante si elle a pu garder l’oeil sur la rondelle qui à une face blanche. Très difficile à faire. De cette façon, il réussit à arnaquer une passante contre son gré. Il l’accroche par le bras. Ne voulant pas être sauvage, elle le regarde faire sans vouloir parier. Elle gagne une fois et il veut lui donner 20 euros. Elle ne veut pas. Après quelques bons coups gratuits, elle décide de jouer. Évidemment, cette fois elle perd… et doit lui payer 10 euros. Et en partant, elle dit «je suis dégoûtée». Ben quoi, ma belle, tu as mordu à l’hameçon !

Poursuivant mon chemin, j’arrive à Halle St-Pierre, au pied de la basilique Sacré-Coeur. C’est un des principaux points connus de Montmartre. C’est bien joli. La verdure, l’architecture extérieure de la basilique et le ciel très bleu me donnent une très belle photo. Montant les marches pour aller vers la basilique, j’obtiens une assez belle vue sur Paris. Rien comparativement à Montparnasse, mais comme c’est gratuit, on ne se plaint pas :-)


Basilique Sacré-Coeur

Par la suite, je pars vers la Place du Tertre. C’est bien beau, mais il y a trop de touristes et d’artistes qui veulent se faire payer pour dessiner votre portrait. Faudrait y revenir à 6h ou 7h du matin pour bien profiter de l’endroit. Mais j’en ai vu combien, des petites places publiques qui ont de la gueule depuis quelques années ? Suffisamment pour savoir que la Place du Tertre n’est pas exceptionnelle.

Je prends une petite marche dans les petites rues de Montmartre qui ne sont pas trop occupées et j’adore cela. On y voit une vigne – le raisin a déjà été récolté – des maisons couvertes de plantes grimpantes, des petites rues et des maisons vraiment typiques de Paris avec leurs fenêtres batantes. Vraiment, ce quartier fait penser à la ville qui dominait le monde en 1900 et qui a su conserver une bonne partie de ses atouts visuels.

En terminant ma marche, je me trouve à la Place de Clichy. Je me dis depuis un bout que je devrais faire comme les Parisiens en fin d’après-midi, m’assoyant à un café. Je trouve le café qui s’appelle le Petit Poucet. Ne pouvant réprimer un rire, je choisis cet endroit. Je commande un café. Comme le veut la coutume, on me sert une petite tasse d’espresso. On est loin de l’eau de vaisselle que la plupart des cafés nord-américains servent… c’est assez proche de la saveur d’un café italien ou d’un espresso de Starbucks.

Étant dans le coin d’Opera et cherchant à souper, je fais l’erreur de marcher dans les alentours. Y’a rien de bon dans ce quartier qui se démarque davantage par les vêtements griffés que par les restos.


Chic pour magasiner mais il ne faut pas essayer d’y trouver à manger.

Je prends donc le métro et sors à mon repaire préféré… les boulevards qui se trouvent un peu avant République. Il y a beaucoup de gens dans les restos des environs, surtout des Parisiens. Les touristes ne pensent pas vraiment à aller y manger, ce qui est superbe. Je choisis le Pizza Pino, le genre de chaîne parisienne que l’on trouve pas mal à tous les squares et autres endroits fréquentés. Voulant faire changement, je me commande une lasagne aux deux saumons. Évidemment, j’accompagne le tout avec du vin. Le resto et le repas sont bons. Rien d’exceptionnel, mais c’est de la qualité et le gérant s’occupe personnellement d’une partie du service. C’est toujours sympathique.

Comme prévu, je termine la soirée en allant faire une visite-éclair au Moulin Rouge, le temps de prendre une photo. Il est passé 22h30 et il y a une foule à l’entrée, probablement pour le spectacle. Ce serait tentant, mais une centaine d’euros, c’est trop en période d’incertitude. Un jour…


Le Moulin Rouge!

18 septembre

M’enfin. Un dernier jour à Paris. Le programme est assez léger. Après le déjeuner, je pars pour me balader à la Promenade Plantée. C’est une sorte de passerelle surélevée, parfois en bois, parfois en pavé, au sein du 12e arrondissement. De chaque côté, il y a de l’herbe, des plantes et des arbres. Ça fait changement des parcs et lieux plus fréquentés, car peu de gens l’utilisent. Le guide de voyage suggérait de la faire au complet en une demi-journée mais après 3 bonnes heures de marche, on à bien intégré le concept.

Je sors de la Promenade Plantée et je prends l’autobus vers le Bois-de-Vincennes, qui est proche du château portant le même nom. Ce qui m’y attire est le parc floral et ses jardins à thèmes. Il y a toutes sortes d’espèces différentes. Des fougères, toutes sortes de fleurs, des bonsaïs et autres. Ça donne de belles photos, surtout aux endroits ou il y a quelques gouttes d’eau sur les feuilles. Ça me donne l’occasion de pratiquer encore la photo macro. C’est assez relaxant de prendre son temps pour faire des photos, ne pensant à rien d’autre, alors qu’on est en vacances !


Une fleur au parc floral

Essayez de faire mieux avec une simple feuille…

Pour bien ponctuer la journée, je me rends à la Butte-aux-Cailles. C’est vachement bien comme quartier. Les rues sont étroites, les touristes rarissimes. Il y a plein de petits bistrots et bars sympathiques, en plus des maisons décorées de fleurs qui font en sorte qu’on se demande si on est sorti de Paris!

Pour le souper, je m’arrête à un bistrot que j’avais remarqué un peu plus tôt. L’endroit a des écrans plats pour présenter les matchs de foot et il y a des plats traditionnels français que je veux essayer. Je commande la cochonaille ! C’est du pâté de campagne, du saucisson, du jambon de pays avec de la baguette et du pain de seigle. Sans m’attarder au jeu de mots, c’est parfaitement cochon mais très délicieux. Ces viandes ont du caractère. Le vin rouge, du Brouilly, se marie bien à la bouffe. Vive les cochonnailles. Pour le match, je suis tombé sur un «duplex». Ils ont présenté un match de St-Etienne contre Tel-Aviv en Coupe UEFA. Je n’ai pas manqué de provoquer l’ire des fans de St-Etienne quand je leur ai dit que la Coupe UEFA était la ligue des pauvres comparativement à la Ligue des champions. Ce que je ne leur ai pas dit, c’est que mon Bayern Munich jouait en UEFA l’an dernier :-) Bon petit match, quand même. Les gars de St-Etienne, qui font un retour au niveau européen, ont gagné leur match mais manqué de finition. Après 70 minutes, la chaîne a transféré le tout vers un match du Paris-St-Germain contre un club turc, aussi en UEFA. Vraiment mauvais, comme jeu. Ces deux équipes ne sont pas intéressantes. Le «PSG», comme ses fans parisiens l’appellent – «qui a marqué le but du PSG?», me demande une fille – n’a rien de très convaincant sur le terrain.

La suite: Coup de maître à Grenoble