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Un arrêt à Nuremberg

Porte de Nuremberg
Une des portes de Nuremberg. Pendant la période médiévale, il fallait franchir une de ces portes pour entrer dans la ville.

Nürnberg, 27-28 septembre 2003 – Après un déjeuner et quelques conversations avec des gens que j’ai bien apprécié connaître au petit matin à l’auberge de Füssen, je suis allé prendre le train à la gare centrale. Il était en retard de 30 minutes et le personnel semblait prendre son temps.

Il est temps de détruire un mythe à propos de l’Allemagne: les trains allemands ne sont pas plus à l’heure qu’ailleurs dans le monde ! Pendant un voyage de trois semaines, six des trains que j’ai pu prendre ont accusé des retards, dont la moitié de plus d’une demi-heure. Si les trains allemands ont bonne réputation à l’étranger, l’époque de la ponctualité est révolue !

Après une liaison, je suis arrivé à Augsbourg trop tard pour prendre le train prévu à l’horaire détaillé que l’on m’avait donné à Munich et… le train suivant était aussi en retard ! Puis-je vous dire que j’étais en !@#$%?&* après les trains allemands supposément efficaces ?

Une fois en route, j’ai profité du périple pour écrire une carte postale à un de mes bons amis de Jonquière, qui ne s’attendait pas du tout à recevoir une carte – et le verre à bière à Noël – que je prévoyais lui envoyer !

Une fois arrivé à Nuremberg, j’ai réalisé que ma planification de transport était très erronée. J’avais été surpris par l’existence d’un métro dans une ville d’environ 500 000 habitants, mais je m’étais dit que ça allait grandement faciliter les déplacements. Imaginez ma surprise quand j’ai réalisé que le métro ne circulait qu’autour de la ville. Il fallait marcher pour aller à l’intérieur, là où plusieurs endroits intéressants se trouvaient. Une chance que l’on pouvait traverser la ville entière en environ 30 minutes à pied !

Après avoir reçu un petit coup de main du bureau de tourisme pour me retrouver, j’ai pris mes sacs pour traverser Nuremberg à pied, de la gare jusqu’à l’extrême nord des fortifications médiévales de la ville, là où se trouve l’ancien château où loge l’auberge de jeunesse.

C’est le site le plus enchanteur que j’ai pu voir pour une auberge, à un prix aussi bas qu’ailleurs. Les chambres étaient grandes et le personnel courtois. Ces gens-là m’ont même donné quelques indications pour faire un interurbain – essayez de téléphoner au Canada à partir de l’Allemagne, juste pour voir ! – ce que j’ai pu faire une fois rendu à Munich en raison de l’accessibilité des téléphones.

En arrivant dans ma chambre, un de mes colocs – les chambres étaient partagées dans les auberges… – était en train d’échanger des bisous avec sa copine. Les deux tourtereaux ont été passablement surpris de recevoir de la visite alors qu’ils étaient probablement à un moment de se déculotter… dans une chambre d’auberge de jeunesse où les règles ne permettent pas la mixité !

Une fois installé, je suis sorti pour visiter ce que le Guide Michelin semblait recommander le plus: les fortifications médiévales de Nuremberg. J’ai été agréablement impressionné par la grandeur de ces monuments historiques qui devaient être infranchissables à l’époque où les armées comptaient grandement sur les capacités du corps humain plutôt que la technologie pour conquérir du terrain.

Après avoir contourné la ville par le nord-ouest, je suis entré – avec mes armés imaginaires ! – et j’ai longé les bords de la Pegnitz, une étonnante petite rivière au courant calme qui traverse Nuremberg et coule sous des ponts attrayants typiques de la vieille Europe.

Pegnitz
J’ai toujours rêvé de prendre une photo splendide incluant une réflexion de ce genre. La voici !

En marchant, j’ai découvert qu’un festival se déroulait à la place du marché. J’ai laissé l’ambiance m’imprégner et je me suis mêlé à la foule, en m’arrêtant à un «stand» pour déguster une spécialité de Nuremberg: le pain d’épices. À la fois tendre et croustillant, c’est un petit bonheur régional qui mérite un essai… ou deux, ou trois !

En soirée, j’ai passé une bonne trentaine de minutes à marcher pour trouver un bon restaurant et pour m’arrêter au Nassauer Keller, situé dans le profond sous-sol obscur mais extrêmement charmeur d’un édifice historique en brique (Nassauer Haus) que j’ai découvert par hasard et par goût esthétique au centre de la ville. J’y ai mangé des patates aplaties en crêpe et rôties avec des filets de porc et de la sauce au bacon. Je ne sais pas si c’était véritablement une spécialité franconienne, mais j’ai noté que ça bourrait la panse et titillait les papilles. La bière pression locale, la St. Georgen Keller Bier, était plutôt ordinaire à mon avis. Sans caractère et sans texture.

En revenant, je me suis perdu dans la ville et une fois arrivé à la Frauentor, une des portes de la ville, j’ai réalisé que j’étais au Sud alors que je voulais me diriger vers le Nord ! J’ai marché une bonne demi-heure pour revenir à l’auberge et une fois revenu, je me suis aperçu que j’avais oublié mes serviettes à l’auberge de Füssen. Brillant !

Pegnitz
La rivière Pegnitz traverse Nuremberg, près du Nord des fortifications.

Le lendemain, le 28 septembre, j’ai pris mes bagages pour visiter le Musée national allemand avant de quitter Nuremberg. C’était intéressant en raison des nombreux objets historiques prélevés partout à travers le pays, mais j’étais plutôt heureux que ma carte de presse m’ait donné accès gratuitement au musée… je ne suis pas certain que j’en aurais eu pour mon argent si j’avais payé les cinq euros demandés !

Pendant toute la matinée, Nuremberg était d’un calme extrême. C’était dimanche et la ville semblait morte, seuls les clochers d’église brisaient le voile muet qui planait tout autour. Un calme que j’ai bien apprécié car je sais aimer une atmosphère paisible.

Une fois dans le train, en après-midi, je me dirigeais vers Munich pour la partie la plus importante du voyage. J’allais finalement explorer la ville qui me fascinait tant.

La suite: À la découverte de Munich