Drôle de départ vers Strasbourg

Strasbourg, 30 août 2004 – Ouf ! Quel départ ! Je suis parti trop tôt avec mon «lift» le 29 août (vers 19h30) et je suis arrivé à Mirabel seulement 30 minutes plus tard. Pour faire exprès, l’avion qui devait partir à 23h10 a officiellement été retardé à 1h15 pour partir en réalité à 2h.

Une fois en vol, tout s’est bien passé. Le service à bord de l’avion de Corsair était excellent et les employés très courtois. J’étais assis juste à côté d’un couple montréalais d’origine asiatique qui m’a cuisiné avec des tas de questions quand ils ont reconnu mon nom, vu régulièrement dans un journal plutôt connu pendant l’été. Pas toujours facile d’être journaliste car ça attire la curiosité des gens !

Je n’étais pas vraiment nerveux à l’idée de prendre l’avion. Comme c’était la deuxième fois et que j’en faisais l’expérience, je considérais que c’était un mal nécessaire, surtout en raison de la durée du vol et de l’arrivée en plein jour.

Je suis donc arrivé à l’aéroport Paris-Orly à 14h (heure locale, 6h de différence avec Montréal). Sachant que le déplacement était loin d’être terminé, je n’ai passé aucun temps à explorer la capitale. J’ai pris une navette d’autobus vers le métro pour arriver à la gare de l’Est vers 16h. J’ai dû attendre trois quarts d’heure, sautant dans le train vers Strasbourg à 16h45.

J’étais satisfait de prendre le train parce que je suis très à l’aise avec les trains européens, qui sont rapides et efficaces. Fatigué en raison du décalage horaire, j’ai dormi comme un bébé et je suis arrivé à destination à 21h.

C’est là que les choses se sont compliquées… À la gare de Strasbourg, tout était fermé, sauf pour un minuscule dépanneur. Je venais de traverser l’Atlantique et de faire quatre heures de train pour arriver à Strasbourg, en plus d’avoir faim.

J’ai trouvé le plus rapidement possible mon chemin vers l’auberge de jeunesse en autobus, mais ça a quand même pris une heure, incluant une marche d’environ 10 minutes sans être vraiment certain que j’allais dans la bonne direction. Les passants à qui je demandais des renseignements semblaient éviter de parler aux inconnus et je n’avais pas encore de carte pour me retrouver.

Quand je suis arrivé à l’auberge de jeunesse, la réception semblait fermée, mais il y avait du personnel qui m’a servi et donné ma chambre. Une chance, car je n’avais pas de réservation ! J’avais décidé de «jouer sans filet» pour ce voyage au lieu de tout prévoir au quart de tour…

Je suis entré dans la chambre et un rouquin Britannique était couché, en train de lire. Dans un état de fatigue et d’exaspération, j’ai déposé mes affaires. J’ai à peine été assez poli pour dire à mon camarade de chambre que je venais d’arriver, que j’avais faim et que je tenterais de ne pas le réveiller à mon retour. Il a été très compréhensif.

Je suis parti à pied pour trouver quelque chose à bouffer et ça n’a pas été facile. Certains restaurants étaient ouverts pendant que l’autobus se rendait en direction de l’auberge, mais ils ne l’étaient plus une fois que j’y allais à pied. C’était un lundi soir d’août après 11h… rien ne semblait ouvert !

Il a fallu que je marche une heure et un quasi-retour au centre de la ville pour trouver un petit resto turc ouvert. Je peux vous dire qu’un steak bien ordinaire et une salade ont semblé sublimes après une bonne demi-journée sans manger. Même la Meteor Pils, un peu fade pour une pilsner, était assez bonne dans les circonstances. Et je suis revenu à l’auberge à… 1h du matin ! Sur mon passage, j’ai vu pas mal de prostituées dans les rues. Elles étaient très visibles, surtout dans les environs des ponts. Coudonc, Strasbourg la nuit, c’est un marché public de peau ?

La leçon à retenir: Strasbourg, comme la plupart des villes du monde, devient très calme le soir et il faut arriver avant 19h pour trouver des magasins et restaurants ouverts. Si au moins mon vol était arrivé à temps…

La suite: À la découverte de Strasbourg