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L'expérience ultime du touriste

London, 4 au 6 août 2006 – Vendredi matin, je me suis levé tard, vers 9h ! Après la routine matinale, ma première destination a été le Parlement britannique et sa fameuse horloge Big Ben.

Big Ben
Ah ! Big Ben et le taxi londonien, deux excellents symboles de la capitale anglaise. Le temps nuageux ne les a pas mis en valeur, mais who cares, j’ai bien aimé l’endroit.
10 Downing Street
Bon. On ne voit pas grand chose, Mais regardez bien la partie noire, le plus à gauche possible. C’est là que le premier ministre anglais demeure.

J’ai bien passé deux heures dans les environs pour admirer les lieux, l’architecture, et trouver les meilleurs endroits pour prendre des photos. Mes réflexes afin de trouver les meilleurs angles et les meilleurs endroits étaient un peu rouillés, mais c’est revenu ! Malheureusement, la météo nuageuse n’a pas rendu justice à la beauté des lieux.

Je suis passé par le 10 Downing Street, la résidence du premier ministre. My God ! Tant de surveillance, et des grillages imposants. J’ai à peine pu voir la porte de la résidence de loin, et prendre une mauvaise photo. Oh well.

Vers 14h, je suis allé au London Eye, une grande roue panoramique qui valait bien le prix d’entrée exhorbitant. C’est vraiment la meilleure vue sur Londres. Ne montez pas dans une tour, allez au London Eye ! Les cabines de verre permettent de très bien voir les alentours, mais vous aurez à jouer du coude avec les autres touristes. Il reste que la vue aérienne, notamment celle sur le Parlement, en valent la peine.

Après coup, j’ai fait le tour de plusieurs parcs, dont St James Park et Green Park. C’est beau et relaxant, en plein coeur de Londres. J’ai aussi effectué un arrêt à Buckingham Palace afin de profiter des environs. J’aurais pu faire une visite coûteuse de l’intérieur car les robes de la reine y sont exposées, mais je ne suis pas un très grand fan de royauté. J’ai passé mon tour.

St. James Park
St. James Park. Typique des parcs londoniens où il fait bon relaxer.
Buckingham Palace
Regardez bien l’image. N’y voyez-vous pas quelque chose de comique ?

En début de soirée, après un retour à l’auberge, je suis retourné dans le coin du Parlement pour souper au pub Red Lion. Un guide de voyage recommande les Red Lion comme des pubs typiques. L’endroit était correct, mais le fish and chips pas aussi bon que celui de l’autre soir.

Ensuite, j’ai suivi la recommandation d’un autre guide pour aller au Princess Louise, un pub d’un autre quartier de Londres. L’endroit est certes charmant, mais il y a peu de places assises. J’y ai essayé une lager du brasseur Samuel Smith. Elle était très fruitée, une rare lager réussie en Angleterre. Décidément, cette brasserie sait ce qu’elle fait.

Malheureusement, le pub fermait à 23h, alors que j’aurais bien pris une deuxième et peut-être une troisième pinte. #!@$%?&*

5 août

Il semble que je suis sur une lancée de levers difficiles. Je suis sorti du lit à peine à temps pour ne pas manquer le déjeuner de l’auberge, qui se terminait vers 9h30. Mais quand je suis sorti de ma tannière, j’ai réalisé à quel point c’était ensoleillé dehors. Ça tombe bien, j’ai de magnifiques endroits à visiter aujourd’hui. Ça promet pour l’appareil photo.

J’ai commencé la journée à la Cathédrale Saint-Paul. Ayant déjà vu des cathédrales impressionnantes auparavant, je ne voulais pas trop me faire d’attentes, histoire de ne pas en ressortir déçu. Cette «stratégie» a porté fruit car j’étais satisfait malgré la sobriété des lieux. La cathédrale est légendaire, mais quand on en a vu d’autres, on est moins impressionnable.

Queen Anne
Tout le monde a déjà vu la cathédrale Saint-Paul à la télé. Ce qui saisit, ici, c’est cette statue de la reine Anne, première souveraine de Grande-Bretagne et dernière de la dynastie des Stuart. Cet angle de photo est des plus dynamiques.

Ensuite, j’ai été jeter un coup d’oeil sur un monument beaucoup plus moderne: le Millenium Bridge. Ce pont métallique des années 2000 jure avec les plus vieux vestiges de Londres. La météo radieuse a fait briller sa structure attrayante de façon spectaculaire. Qui a dit que la modernité ne pouvait être belle ? Il s’agit de savoir la concevoir, ce que prouve ce magnifique pont. Trop peu d’architectes sont capables de faire pareil…

Millenium Bridge
Le Millenium Bridge. Wow !

À deux pas de là se trouvait la Tate Modern, une galerie d’art de renommée mondiale. Statut social oblige, il fallait bien que je lui rende visite ;-) Le contenu y était varié, de la peinture aux formes les plus inusitées de l’art moderne. Je suis loin d’être un expert, mais j’ai été fasciné par ce que j’ai pu y voir. Au bout du compte, c’est la photographie qui a su le mieux captiver mon intérêt. Je crois qu’en général, on sous-estime ce volet dans le monde artistique, portant trop d’attention à la peinture. Une photo en particulier m’a intéressé: des gens croqués sur le vif dans la rue. Les visages valaient mille mots.

M’arrêtant à quelque part à l’heure du midi pour un sandwich, je suis ensuite allé vers Hyde Park, sous un soleil de plomb. Je me suis attardé là, m’assoyant sur un banc et lisant un livre. Voyager, c’est aussi savoir relaxer et s’adonner à des activités que les gens locaux n’hésiteraient pas à faire.

Hyde Park
Oui, Hyde Park, malgré les apparences, se trouve bien au coeur de Londres…

Quand j’ai senti que je m’endormais, je me suis dit qu’il fallait marcher quelque peu afin de me réveiller. Je suis sorti du parc et je me suis rendu à Chelsea, un autre district cossu londonien. Ce qui m’attirait là, c’était l’Albert Bridge, décrit comme un assez beau pont dans un guide de voyage. Les photos sont unanimes: c’est assez cute. En plus, j’ai pu marcher le long de la tamise entre la station de métro et le pont.

Chelsea
Qui ne voudrait pas être propriétaire d’une de ces maisons à Chelsea ? Le seul problème, c’est que même pour les Anglais, elles sont très chères.
Albert Bridge
L’Albert Bridge. C’est un design assez original.

À travers quelques messages textes, j’ai pris contact avec Chris, un Anglais rencontré à Strasbourg il y a deux ans. Il m’a invité à aller le rejoindre, lui et ses amis, à un festival à Regent’s Park. Il était à Londres pour quelque temps. Fallait bien se revoir !

Après un saut à l’auberge de jeunesse, je me suis rendu à Regent’s Park. Méchant problème: des centaines (peut-être des milliers) de personnes étaient sur place, engorgeant les réseaux de téléphonie cellulaire. Le résultat ? Il aurait fallu un méchant hasard pour que je tombe sur Chris dans de telles circonstances.

En théorie, ce que je voulais faire ce soir tombait à l’eau.

La réalité était toute autre. C’était toute une occasion qui se créait.

On s’explique. Avant de faire quoi que ce soit d’autre, je fais la queue pour aller aux toilettes. Une jolie petite brunette qui s’appelle Abi se trouve devant moi. Elle commence à me parler, je ne me souviens plus trop de quoi. On jase on jase pendant un bout, car la queue est longue. Je lui explique ce qui vient de se produire, et elle me dit qu’elle a déjà connu une situation du genre à Amsterdam. Ensuite, elle m’invite à rejoindre son groupe au festival et à aller prendre une bière après. Pourquoi pas ? La communication par message texte ou par cellulaire fonctionne mal, Chris et moi ne sommes pas vraiment capables de se rejoindre. Un message prend une heure à se rendre !

Je rejoins Abi et ses amis au festival, me présentant et expliquant un peu ce que je fais dans la vie. Après un bout, Abi doit revoir un ami qu’elle n’a pas vu depuis longtemps. On se rend au bar où il nous a donné rendez-vous. À ma grande surprise, c’est un bar dont la musique est exclusivement heavy métal (YEAH !), mais les gens y sont habillés de façon un peu destroy… vraiment. On prend une bière, jase-jase, je m’entends bien avec ces gens-là, particulièrement un gars qui est professeur, vraiment passionné par l’enseignement.

Après ça, Abi nous invite à aller à son appartement. On s’achète de la pizza et de la bière à l’épicerie du coin et on va chez elle.

Quel appart ! Rien de très chic. Très basic, typique des étudiants ou des gens qui ont peut d’argent mais qui vivent bien. L’édifice est vieux mais très bien entretenu, ça a vraiment du charme. Je m’aperçois que je vis une expérience «ultime» pour un touriste. Je passe une soirée avec des gens de la place, des «locaux». Ce sont ceux que l’on ne rencontre habituellement pas, parce qu’ils ne passent par leur temps autour des attractions touristiques. Le hasard m’a permis de faire la connaissance de ce petit groupe dans la jeune vingtaine, et c’est vraiment inoubliable.

Pendant la soirée, les conversations sont vraiment typiques. On parle d’à peu près n’importe quoi: films, culture, politique, je parle un peu de moi et de mon patelin d’origine, des différences culturelles, sociales et politiques. Le tout en me tapant de la bonne Pilsener Urquell. Et pour une rare fois, j’ai pu parler de bière avec quelqu’un qui connait ça ! Ces gens-là m’ont impressionné par leur culture générale et leurs opinions bien réfléchies. Je ne pouvais demander mieux…

Vers 2h du matin, on m’offre de rester à coucher, et je dis non. La raison est bien simple: j’ai payé 20 livres sterling pour l’auberge de jeunesse et j’ai l’impression que si je ne vais pas y dormir, je donne de l’«argent gratuit» à l’auberge. Alors, Abi me sort le circuit d’autobus et l’horaire pour que je puisse revenir sans perdre de temps. Vraiment, j’ai été traité avec classe par des gens qui auraient très bien pu passer leur soirée sans moi. Merci beaucoup !

6 août

Après l’expérience d’hier, j’ai pris ça mollo. Je me suis couché assez tard, évidemment, et je me suis levé tard. S’il y a un constat qui me choque à l’auberge, c’est de voir à quel point il y a des gens dans la quarantaine et dans la cinquantaine. Je comprends bien que les auberges de jeunesse sont plus à la mode aujourd’hui qu’auparavant, mais il devrait y avoir une limite d’âge. C’est quand même pas un club de vieux ! Je me dis que je coucherai dans ces auberges pendant un certain nombre d’années, mais donnez moi un coup de pied au cul si jamais je m’y retrouve à l’âge de 40 ans.

Greenwich
Ceci est l’horloge la plus importante du monde. C’est ici que l’heure de Greenwich est déterminée.

Anyway. Vers 11h, je suis parti vers le méridien de Greenwich, le point où l’heure est déterminée. C’est l’endroit où l’heure GMT, la référence, est fixée. C’est situé dans un petit village (Greenwich) aux alentours de Londres. Comme tout le monde, j’ai fait prendre une photo de moi, la moitié de moi étant dans l’hémisphère Est, l’autre dans l’hémisphère Ouest. C’est prévisible et touristique, mais il faudrait être fou pour ne pas le faire :-)

En après-midi, je suis allé au British Museum. Ce musée est riche en artéfacts, mais il est aussi controversé. Beaucoup de collections ont été «prélevées» à l’étranger au passage des Britanniques, notamment en Égypte et dans des pays où ils ont mené des campagnes militaires. Peu importe, je suis là pour découvrir. Ce qui a attiré mon attention: la pierre de Rosette et une sculpture d’Alexandre le Grand. Et certaines visiteuses avaient beaucoup de charme, aussi.

En soirée, alors que je me dirigeais vers le Chinatown, je croise un Australien rencontré à l’auberge. Il est avec un autre gars, et je leur propose d’aller souper ensemble. Ils acceptent. Au moment de franchir l’entrée du métro, l’autre gars s’aperçoit qu’il n’a plus assez d’argent pour faire le trajet et refuse qu’on lui paie un billet. Il dit qu’il va aller souper ailleurs et il insiste vraiment. L’Australien et moi haussons les épaules, continuant notre chemin vers le quartier chinois.

Je recommande le restaurant Chinese Experience, trouvé dans un de mes guides de voyage. Bon petit resto, bon service, bonne bouffe, et jolie serveuse. Agneau, poulet, riz et bière chinoise, tout est excellent. Je suis en compagnie de quelqu’un de sympathique qui voyage depuis des et qui a de bonnes histoires à raconter au lieu de souper seul. Je n’ai pas à me plaindre.

Après le souper, nous nous rendons à un pub de Leicester Square pour se taper une bière. Pendant la soirée, un Français décider de s’insérer dans notre conversation. Le gars est aussi en voyage, et après bien des hésitations, on parle avec lui. Vers 23h, l’Australien décide de rentrer. Je passe encore une heure à discuter avec le Français. On marche un peu dehors et il veut aller prendre une bière dans un pub qui reste ouvert pendant la nuit. Je décline poliment, un peu fatigué et… un certain instinct de survie me disant de ne pas trop passer de temps avec ce gars-là…

Je rentre en autobus, pour enfin me coucher à 2h du matin.

La suite: Des retrouvailles à Londres