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Sur les traces de Frédéric le Grand à Postdam

Potsdam, 24-25 août 2007 – Ouf, quelle première moitié de journée frustrante. J’ai passé à un cheveu de laisser tomber Postdam pour aller à Berlin, tant j’ai détesté mon arrivée.

Je suis parti de l’auberge en matinée pour prendre le train à la gare centrale de Dresden. On débarque à l’ultramoderne nouvelle gare centrale de Berlin pour passer au S-Bahn (une sorte de train de banlieue) vers Potsdam. ça prend environ une quarantaine de minutes pour se rendre. Mais c’est une fois sorti du S-Bahn que le fiasco commence. Suivant les indications d’une carte, je commence à marcher vers le bureau de tourisme. Ensuite, je repère les pancartes qui indiquent à quelle distance on est de l’office et la direction à suivre. Mais elles sont trompeuses. Elle ne donnent pas toujours le bon chemin ! Une fois rendu a l’endroit en question… c’est une foutue bibliothèque municipale qui a pris la place de l’ancien office de tourisme. Et je regarde la carte de la ville, qui n’est évidemment pas mise à jour, même dans sa version plantée sur le bord des trottoirs ! Ne faisant plus confiance à une seule source écrite d’information, je tente de téléphoner à l’auberge de jeunesse. Pas de réponse. J’entre à quelque part pour demander ou je dois aller. On me dit où l’office de tourisme est déménagé et je note avec ironie que rien n’est fait pour le dire aux nouveaux arrivants !

Je suis les instructions et je prends le S-Bahn vers le nouveau bureau. J’entre. Déjà en rogne, je renonce complètement à l’idée de leur parler en allemand. On va leur compliquer la vie un peu pour avoir mal géré l’information touristique. Sur place, on me dit que mon auberge de jeunesse est à l’autre bout de la ville, dans le coin de Babelsberg ! Même si je n’aime pas payer un euro pour une carte de la ville, j’en prends une à l’office de tourisme car j’en ai besoin. Après coup, je vais vers la station de S-Bahn. En théorie, je suis supposé m’acheter encore un billet pour le train vers Babelsberg, mais frustré par le niaisage, je décide de prendre une chance pour dépenser le moins possible ici. Tant que je passe au-delà de la station où j’ai estampillé mon billet, ça doit marcher. Fallait donc faire au moins deux stations sans qu’un inspecteur passe. À la troisième station, les petits monsieurs qui font les vérifications se pointent dans le train. Je montre le mien et ça passe. Haha… on évite de justesse une amende de 40 euros.

Il reste que ma réaction en était une de très mauvaise humeur. Je me suis dit à ce moment-la que si les heures d’ouverture de l’auberge de jeunesse n’étaient pas assez flexibles, que l’horaire de soir pour le train vers l’auberge se terminait trop tôt ou que toute autre connerie du genre arrivait, je foutais le camp vers Berlin, qui est très proche de Potsdam. Entre gérer de nouvelles choses frustrantes et revoir Berlin, j’aurais pris la redécouverte de la capitale… Mais heureusement, ce n’est pas ça qui est arrivé. Les trains passent jusqu’à presque deux heures du matin, ce qui me laisse amplement le temps de souper et de relaxer devant une bière le soir avant de rentrer. Et l’auberge est foutument bien organisée. Le service est exemplaire aussi. Finalement, on reste à Potsdam. Mais ça a passé proche de changer.

Je m’installe à l’auberge, je fais quelques petits achats dans un supermarché et ensuite je repars vers le centre de la ville. Je marche un peu dans les environs pour savoir à quelle place m’arrêter pour manger. Avant, je prends quelques photos de la porte de Brandebourg. L’autre porte de Brandebourg, car la plus connue est à Berlin. Celle de Potsdam a la forme d’un arc de triomphe.

Brandenburg Tor Potsdam
La Porte de Brandebourg à Potsdam

Ensuite, je tombe sur un resto très sympathique qui s’appelle Loft, à quelques rues du monument. Je décide de commander un goulasch comme repas, avec une Radeberger Pilsner. Oui, je sais, je suis un peu accro à cette bière. Que voulez-vous. Méchant bon goulasch. Ça manquait peut-être de paprika, mais c’était délicieux.

Potsdam
Les rues piétonnières ont leur charme par ici.

Après cela, je prends une petite marche vers le quartier historique pour retourner vers la porte de Brandebourg. Il y a un paquet de terrasses a cet endroit. Je décide d’y terminer la soirée en y prenant une autre bière, histoire de connaître un produit plus local. Je choisis un resto qui sert de la Wittinger Premium, une pilsner. Pas mauvais, mais malheureusement une coche sous la Radeberger. Elle n’a pas une amertume assez intense a mon goût. Coudonc, ya tu kekchose qui va défier la Pilsner Urquell ou la Radeberger en matière de saveur ?

En remuant tout cela, je m’aperçois que je suis déjà au 10e jour de mon voyage. Il en reste 8. Ouin, ça passe assez vite.

Samedi 25 août

J’ai déjà connu un meilleur début de journée. À 5h30, un gars se lève et décide de faire ses bagages en faisant évidemment un maximum de bruit. Je n’arrive plus à dormir après. C’est vraiment la première fois que je vois un voyageur qui manque autant de respect envers les autres qui dorment dans la même chambre. L’étiquette habituelle, c’est de faire tes bagages LE SOIR AVANT si tu pars très tôt le matin. En plus, au beau milieu de ses préparatifs, le con va se raser dans la salle de bain sans fermer la porte, faisant encore un maximum de bruit avec son rasoir électrique. Il retourne vers son lit et se vaporise 6 fois du parfum. Sans trop de surprise, ça empestait le parfum cheap dans toute la chambre. Personne d’autre n’a réussi a se rendormir. Gros cave.

Au moins, le déjeuner et la météo ont de quoi corriger l’humeur. Il fait gros soleil dehors et leur version du déjeuner allemand est exceptionnellement bonne pour une auberge de jeunesse. Beaucoup de variété, et le pain aux noix venait a peine de sortir du four. Au lieu d’avoir seulement du salami comme viande froide, il y avait aussi du jambon cuit de très bonne qualité. C’est en plus d’un café bien plus savoureux que ce qui est généralement servi en Allemagne. Avec même des fruits frais disponibles, ce qui n’est pas le cas partout. Aussi, le personnel de l’auberge est sympathique. La cuisinière donnait des conseils aux voyageurs pour les places a visiter et faisait beaucoup d’humour. ça fait changement de bien des faces bêtes vues dans certaines auberges !

Après le déjeuner, je me prépare et je pars vers la ville. Une seule destination, le gigantesque parc Sans-Souci. C’est le seul endroit qui m’intéresse, par son historique et sa grandeur. On y trouve le château Sans-Souci, là où Frédéric le Grand a régné en tant que roi de Prusse au 18e siècle. C’est probablement le personnage historique le plus fascinant de l’histoire allemande. C’était un roi, mais il faisait partie des despotes éclairés, ces rois qui réformaient et faisaient preuve de davantage d’humanisme que les autres.

Le château Sans-Souci est une merveille. J’ai bien pris mon temps pour prendre les photos, essayant de me “timer” pour les moments ou il y avait moins de visiteurs. C’est le château que je veux voir, pas des hordes de touristes qui se plantent à deux pieds de vous quand vous essayez de photographier un monument ! J’ai aussi fait un effort pour trouver le meilleur angle, histoire de “cacher” les visiteurs en utilisant les arbres et escaliers. Je crois avoir bien réussi !

Schloss Sans-Souci
Voici le fameux château Sans-Souci. C’est bien pour cela que je suis venu ici !

L’heure du midi et l’après-midi auront été passés à visiter les autres attraits du parc Sans-Souci. On y trouve la Neues Orangerie, Neue Kammern, la galerie de photos de Frédéric le Grand, le Neues Palais et le château Charlottenhof. Enfin, j’ai vu la maison chinoise de thé. Tous ces bâtiments et monuments sont intéressants. Mais évidemment, aucun n’égale le château Sans-Souci. C’est très captivant comme journée de voyage.

Neues Palais Potsdam
Le Neues Palais, au parc Sans-Souci

Vers 16h, un peu affamé, je me suis arrêté pour un petit snack dans les environs de la porte de Brandebourg. Fallait que j’essaie une spécialité berlinoise qui s’appelle le currywurst. C’est une saucisse avec du ketchup et de la poudre de curry. C’est passé sous le radar lors de mon premier périple allemand. En plus, c’est une petite portion, ce qui ne gâchera pas mon souper. Et c’est assez bon. Rien d’inoubliable, mais un petit fast-food qui vaut la peine d’être essayé, et peut-être recréé a ma propre façon quand je serai de retour a Montréal.

J’ai vraiment fait une drôle de combinaison au souper. J’ai arrêté mon choix sur un petit resto thai, me commandant une assiette de nouilles aux légumes, tofu, arachides, oeufs et fèves germées. J’ai arrosé ça avec une Jever Pilsner, une des Pils les plus amères qui soient, avec un arôme herbal bien senti. Étrangement, cet accord entre de la bouffe thai et la Jever a fonctionne à merveille. Tant mieux, car c’était une bière que je voulais vraiment reprendre en fût pendant ce voyage.

Je suis rentré sagement après cela car il commençait à être pas mal tard.

La suite: Le charme de l’hanséatique Hambourg