Smash à Roland-Garros et tournée du Louvre

13-14 septembre 2008 – Le week-end ! Période touristique par excellence. Quand on est touriste, il faut redoubler d’intelligence pour éviter de se faire prendre au milieu des foules. Les grandes villes européennes ont un grand pouvoir d’attraction, surtout pour ceux qui décident d’aller passer le week-end à Paris, à Prague, à Berlin, juste pour sortir de la routine.

Comme le samedi est la journée-phare, je décide de faire le programme le plus inhabituel possible… après avoir déménagé d’auberge. Refusant de changer de chambre à tous les deux jours pour le reste du séjour, je migre vers l’Est, vers l’auberge baptisée le D’Artagnan. Située proche de la station de métro Porte de Bagnolet, c’est assez tranquille, un très gros édifice de style assez Soviet, qui compte un nombre énorme de chambres. Pas très personnalisé, mais quand on a une réservation et qu’on est servi par une Brésilienne qui s’appelle Byrna et parle français avec ce petit accent magique… on ne se plaint pas.

Après m’être installé, je prends le métro une nouvelle fois pour aller vers le stade. C’est proche de Bois-de-Boulogne, que je visiterai ensuite.

Ce qui frappe quand on arrive à Roland-Garros, c’est à quel point c’est minuscule. Quand vous arrivez, vous avez l’impression de mettre le pied devant un petit complexe sportif. On se demande comment ils font pour y accommoder les foules qui viennent avec les tournois du Grand-Chelem. C’est quand même impressionnant de se trouver à un endroit aussi mythique, ou se joue un tournoi de tennis des plus importants. Je paie un billet pour la visite guidée – c’est le genre de visite originale pour laquelle le prix ne compte pas vraiment – et fais un tour à la boutique de souvenirs en attendant que ça commence. Je décide de ne rien acheter car rien n’est vraiment à mon goût… et ce qui me plaît est vachement cher. Les photos prises pendant la visite guidée feront l’affaire :-)

La visite commence un peu moins d’une heure après mon arrivée. L’animateur est une espèce de grand blond qui trippe sur le tennis et qui semble vraiment vouloir donner un air de glamour à la visite. Il veut nous faire sentir que nous sommes la vedette de tennis pendant une heure. Un peu kitsch, mais quand même sympathique. On voit quand meme des parties inaccessibles au grand public pendant cette visite. Nous passons par le salon des joueurs, les vestiaires, l’espace des médias, les endroits où les joueurs passent, relaxent et se réchauffent pendant le tournoi. Tout le monde s’arrange pour se faire photographier assis à la place du joueur qui répond aux questions des journalistes après un match. C’est nous les vedettes aujourd’hui, naturellement. Haha. Le tout est ponctué d’une visite du corridor par lequel ils sortent pour jouer sur le court central. Tous ceux qui jouent à Roland-Garros depuis quelques années remplissent le corridor avec leurs autographes. Comme je suis un gars hétéro, j’ai particulièrement porté attention à des noms comme Sharapova, Ivanovic et Dementieva :-)

Le clou, c’est la visite du court central. Comme je disais, l’animateur tient à en mettre. Il fait jouer un bruit de foule quand s’ouvre la porte, histoire de nous mettre dans l’ambiance. Du kitsch, comme je disais. Visuellement, toutefois, entrer dans le court central laisse une belle impression. On remarque bien vite la terre battue brun-orange et la couleur verte des murs. Ce qui semble énorme à la télé est tout petit. Une vraie arène de combat pour le tennis. Ceux qui y entrent doivent affronter une foule critique et un adversaire qui veut sortir gagnant. Bonne chance !

Évidemment, je n’ai pas manqué de prendre des photos, avec le souci habituel de les prendre alors que peu de gens sont autour.

Le court central à Roland-Garros


Ben oui, c’est moi.

Pour le reste de l’après-midi, je vais vers le gigantesque parc Bois-de-Boulogne. Je prends l’autobus vers Porte Maillot et je pars vers le Parc de Bagatelle, le plus intéressant lieu à visiter. L’entrée coûte seulement 3 euros et ça vaut la peine. Quand on arrive au petit château érigé à Bagatelle, on ne peut rester indifférent. L’endroit est bien aménagé et un jardin de roses est présent. On y voit les fleurs qui ont fait partie d’un concours international de roses, tant pour le visuel que les senteurs. Je ne croyais pas faire ça, mais j’ai pris une tonne de photos. C’était la parfaite occasion délibérément embrouillé en arrière-plan. J’ai passé une bonne demi-heure à étudier les angles à utiliser. Satisfaisant.

Parc de bagetelle, Paris
Parc de bagetelle, Paris

Après cela, j’étais passablement fatigué. Un rhume a commencé à me tenailler. Quand on voyage, on marche beaucoup, on dépense de l’énergie et les jambes font mal à la fin de la journée. La fatigue physique qui vient avec le rhume amplifie tout cela ! C’est samedi soir et je sortirais bien pour prendre une bière, mais l’énergie n’y est pas. Je décide donc de simplement aller souper dans les environs des grands boulevards et d’aller me coucher.

Je tombe sur un resto de type breton. Bel endroit. Les serveurs sont un peu grognons mais leur travail est impeccable. Si j’ai à choisir entre ça et un service souriant mais inefficace, je prends les ronchons. Entre grognons, on se comprend. Je commande une crêpe farcie aux patates, avec de la laitue et de la saucisse ainsi qu’un pot de cidre. Délicieux. Comme c’est vraiment pas cher, j’en profite pour commander une crêpe de dessert. Mais ouf, j’ai droit à la totale: crème de marrons, crème fraîche et caramel. Parfaitement cochon, et ça a pris du temps à digérer mes petits amis !

Vers 21h, je pars vers l’auberge. Métro, un peu de marche et j’arrive. Une fois dans la chambre, je rencontre un Argentin qui est arrivé depuis seulement une journée est s’est fait voler son portefeuille. Je lui donne rapidement le conseil de toujours séparer ses cartes, ses papiers et son argent. De ne jamais les rassembler à un endroit. C’est l’expérience !

Je me couche assez vite, avec le but de dormir assez longtemps pour empêcher ce rhume de me déranger pendant trop longtemps. Une mégaportion de jus de pamplemousse devrait aussi aider…

14 septembre

… et je savais que ce plan fonctionnerait. En me levant vers 10h, je sens que ce rhume est presque parti. Le niveau d’énergie est aussi remonté ! Je prends une douche rapide et vais déjeuner.

Comme c’est dimanche, on est encore dans une grosse journée de tourisme et en plus, bien des endroits sont fermés. Le mieux, c’est habituellement de visiter des musées. Je vais donc au Louvre. Évidemment, le Louvre est le plus réputé du monde entier et il y aura une foule. Mais c’est le cas en tout temps car c’est un incontournable de Paris. Aussi bien y aller aujourd’hui.

Pendant que je me rends en métro, j’ai droit au rire de la journée. Je suis assis et il y a trois autres personnes directement autour de moi. Une vieille dame qui mendie passe dans le wagon. À moitie édentée, mal habillée mais d’excellente humeur, elle nous souhaite la joie, le bonheur et une très bonne journée, chantant quelque chose des très drôle. On se regarde et tout le monde part à rire. Une fille dit «je l’aime bien, elle me fait penser à ma grand-mère !». Je lui réponds «tu devrais lui dire !». Apparemment, ça n’aurait pas été une insulte. C’est ce genre de moment qui fait réaliser que beaucoup de Parisiens sont sympathiques de nature, contrairement au vieux stéréotype des gens chiants et peu accueillants.

Une fois rendu au Louvre, il reste que j’ai un peu moins de six heures pour faire un énorme musée. Je décide donc de m’attarder à ce qui m’intéresse le plus et de passer rapidement par le reste. Je trippe surtout sur les peintures et les objets de l’Égypte ancienne, en plus des incontournables.

La Joconde (ou Mona Lisa) par Leonardo da Vinci, convainc. Ce tableau est très bien. Heureusement, les autorités du musée imposent un espace entre le public et le tableau. Ça facilite donc le travail pour prendre des photos malgré la vitre protectrice. La situation est moins facile à gérer à la statue d’Aphrodite. Comme une véritable meute, les visiteurs y arrivent, bousculent presque ceux qui sont autour, ne se posent pas de questions, ne prennent pas le temps de comprendre le design. Ils prennent bêtement des photos et s’attroupent comme des vaches. Aucune capacité d’admirer l’oeuvre. Zéro sens de l’art et du calme.

J’ai particulièrement aimé la sculpture du Sphinx, une oeuvre d’Égypte ancienne. Mais il a fallu que je reste 10 minutes pour pouvoir prendre une photo libre de tout membre de la meute. Malgré le signe qui demande de ne pas toucher aux oeuvres, ils mettent la main dessus pour se faire photographier par leurs amis. Vraiment, aucune classe.

La bataille de David contre Goliath est aussi un tableau intéressant. J’ai bien souri en lisant le code de justice d’Hammurabi. Un oeil pour un oeil, une dent pour une dent. Ça impose le respect :-)


Les apartements de Napoléon III. Prochaine photo: statue d’Aphrodite.

Parmi les autres oeuvres passionnantes, on peut remarquer la statue du pharaon Ramses II, la Victoire de Samothrace – là, j’ai vraiment pensé à la colonne de la Victoire à Berlin – les somptueux appartements de Napoléon III et les poteries grecques. Vraiment, le Louvre est impressionnant. Dommage que je n’ai pas eu deux ou trois heures de plus.

Satisfait, je sors du Louvre avec un faim grandissante.

N’ayant pris qu’un seul repas aujourd’hui, je suis dû. Ne sachant pas trop où aller, je sors et je marche dans les quartiers pour trouver quelque chose qui me plaît. J’aboutis dans le quartier de l’Opéra Garnier, y trouvant un nombre de restos qui semblent intéressants. Je choisis Pizza Marzano. Ça ressemble plus à une chaîne qu’à autre chose mais c’est un bon endroit. Le vin «maison» est pas cher et bien plus corsé que la moyenne.

La pizza est d’excellente qualité et servie assez rapidement par une des voix les plus douces que j’ai entendues ici. Je le disais… les Parisiennes ont un charme remarquable.

La suite: Montparnasse, le Quartier latin, la tombe de Molière et Montmartre