Découverte imprévue de la Roumanie

Mardi 27 octobre

Lever à 9h malgré tout. L’horloge biologique est parfois plus forte que la fatigue. Tout le monde fait ses bagages en prévision d’un départ en après-midi. Quand on regarde les nouvelles sur le Web, toutefois, nous apprenons qu’il y a une grève de train qui nous empêchera de partir vers Budapest. Merde.

Quoi faire ? Nous décidons de prendre la route peu importe où l’on ira. Après de longues discussions, suggestions, idées et incertitude, nous suivons la suggestion du staff de l’auberge pour prendre un autobus qui mène vers Oradea, une petite ville en Roumanie, proche de la frontière serbe. ça permettra de repartir le lendemain et éventuellement de faire notre chemin vers Belgrade. Toutefois, je commence à me poser des questions car je dois voler de Vienne à Montréal dimanche. Le temps s’écoule et cette grève de train me bouscule bien plus que ceux qui sont encore en Europe pour quelques semaines.

Alors deux Américains, un Canadien ainsi que deux gars et une fille d’Australie prennent le bus. Nous arrivons en soirée à Oradea. Au lieu de nous domper au centre de la ville, le bus nous laisse à une place pas rapport, loin du centre. C’est laid comme quartier et il y a des chiens errants partout. Nous blaguons que si quelque chose de comparable au film Hostel se produiront, ce sera bien ici et non à Bratislava.

Après de la marche et un trajet de taxi, nous arrivons finalement au centre de la ville. Nous trouvons l’auberge où j’ai réservé cinq places, un des gars décidant de prendre son chemin seul pour quelques jours. Au bout du compte, c’est une sorte d’appartement avec cinq lits dont nous héritons. Super propre, assez beau, à seulement 10 euros par lit. Vraiment, c’est bien.

Nous ressortons, trouvant une pizzeria locale pour manger et prendre une bière. J’y découvre la bière Ursus, un produit roumain assez houblonné. Toll ! Par la suite, nous faisons deux places différentes pendant notre sortie. La première ayant de la musique trop forte, nous partons vite. L’autre place est plus agréable et nous y finissons la soirée.

Une fois de retour à l’auberge, je vois toutefois qu’une personne dans le groupe n’a tout simplement d’allure à titre d’être humain, dans sa façon de traiter quelqu’un d’autre. Ceux qui veulent comprendre de quoi je parle peuvent se fier à une référence culturelle: le film Closer. L’action ne va pas aussi loin mais il reste que le comportement moral de cette personne est comparable. Je suis dégoûté même si je ne suis pas directement touché.

Mercredi 28 octobre

Nous passons tout droit. Il fallait quitter vers 11h mais tout le monde était trop fatigué. La personne qui doit nettoyer la chambre arrive et nous partons le plus vite possible. Oups !

En tenant compte d’hier soir et du fait que je dois bientôt quitter l’Europe, je suis pas mal moins de bonne humeur. Pas mal moins patient et moins porté au compromis sur les décisions de voyage à prendre. Comme certains diraient, the bitch is back :-)

Nous marchons vers le centre d’Oradea pour trouver quelque chose à bouffer. Un petit pub local a une bonne terrasse et nous y prenons café et déjeuner. ça fait du bien après plusieurs bonnes heures de sommeil.

Après un peu de procrastination et des communications avec l’autre gars qui était parti en même temps que nous vers la Roumanie, il nous indique que la ville qui rend Belgrade la plus accessible en train à partir de la Roumanie est Timisoara, et que c’est assez joli. Parfait. Nous nous y rendons en train, arrivant en fin de journée. Il faut changer de sièges car nous tombons sur des cabines surchauffées et la fenêtre de la première est bloquée. Un vrai sauna.

C’est toute une surprise de voir à quel point Timisoara est splendide. C’est propre, l’architecture y est belle et les gens semblent sympas. Pas de touristes à l’horizon non plus. L’auberge que nous trouvons est superbe. Jamais vu quelque chose d’aussi beau, à seulement 11 euros par personne. Nous décidons de rester une journée de plus. ça veut toutefois dire que je n’irai pas à Belgrade. J’y serais seulement 24h et je n’arriverais pas à Vienne à temps pour mon vol de retour. Oh well.

Timisoara
La principale place publique de Timisoara. Une superbe vue en tout temps.

Pour une sortie, le groupe veut aller à un bar qui se trouve vraiment en face de l’auberge. J’y vais avec eux mais me trouve vraiment déçu tant par la bière sans saveur que le foutu karaoké qui y a lieu. Voyant que les autres adorent leur soirée, je décide tout bonnement de partir après une bière, histoire de trouver mieux. Mettons que les autres ont été surpris par le départ soudain et imprévisible.

Je fais mon propre chemin et trouve un petit pub tranquille et lit pendant que je prends une bière, pour rentrer un peu plus tard. Et quand je reviens, j’ai une autre confirmation qu’il y a quelqu’un dans le groupe qui a vraiment perdu mon respect, défaisant ma première impression qu’une bonne amitié se formait.

Timisoara Soir
Pendant que je cherchais un endroit pour prendre une bière, je suis tombé sur cette vue.

Timisoara Soir

La Roumanie me semble avoir ses charmes. Belles villes, des gens qui vous font confiance pour payer seulement quand vous partez, d’autres qui sont très honnêtes avec les prix. Ça a du potentiel pour un vrai voyage. Et je n’ai pas encore parlé des Roumaines. À peu près les trois quart d’entre elles sont jolies, de petites brunettes avec des beaux grands yeux. Je suis sous le charme :-)

Jeudi 29 octobre

Belle journée de voyage pour terminer les choses en Roumanie. Après un lever tardif, un Australien et moi décidons que nous avons assez dormi et qu’il faut visiter un peu. Laissons les plus «dormeux» à l’auberge s’ils veulent faire autre chose que sortir.

Un arrêt par le Symphony Café pour… un café. Le cappuccino à la menthe est trop sucré. Nous déjeunons dans un petit resto proche. Les crêpes sont excellentes.

Nous marchons autour de la ville pendant l’après-midi. Les places publiques sont très grandes et charmeuses. Les bâtiments mélangent les styles architecturaux et les couleurs, du baroque au rococo et du bleu marin et vert clair. On voit parfois de l’usure non réparée qui donne un charme. On passe par un très joli parc, ou il fait bon respirer de l’air frais et relaxer. La conversation avec l’autre gars est excellente aussi. Ce gars est un peu plus intello que les autres et plus porté vers la découverte et la compréhension de la culture locale.

Timisoara

Square Timisoara

Square Timisoara

Timisoara

Parc Timisoara

Timisoara cathédrale orthodoxeIl est aussi très difficile de ne pas remarquer les Roumaines. Vraiment, c’est incontestable qu’elles sont hot. Au square principal, nous tombons sur des filles habillées en anges, avec des robes blanches et portant un signe disant «free hugs». Je profite bien du câlin gratuit pendant que c’est possible. Quelques semaines plus tard, j’apprends par email que les free hugs, c’est un rituel d’initiation universitaire. Sehr interessant.

Avant la noirceur, nous visitons rapidement la cathédrale orthodoxe. Aucun banc, beaucoup d’espace, beaucoup de surfaces surfaces sculptées et dorées. Les gens qui y entrent sont rarement des touristes. Beaucoup font des signes de foi. Ça fait tellement différent des cathédrales touristiques.

Vers 17h, tout le monde se rejoint. Petite visite au café Internet pour planifier les prochains jours, incluant du train.

Pour souper, on passe simplement par un kebap shop.

Mettons que la sortie nocturne ne donne pas grand chose. On passe par un petit bar tranquille à une quinzaine de minutes de l’auberge mais l’endroit ferme tôt.

Cathédrale orthodoxeUn des gars veut absolument aller à un endroit qui se trouve proche, une sorte de complexe ou se trouve du billard, du bowling et même un casino. Il s’accroche les pieds au casino, dont je ne veux rien savoir. Je dis que je partirai bientôt. La dynamique de groupe s’essouffle car une dizaine de minutes plus tard, nous sommes trois à quitter, fatigués physiquement et mentalement. Les deux autres ont le droit de perdre de l’argent et de dormir peu si ça leur tente.

Vers 5h, les quatre comparses avec qui je voyage ici sont sur le point de partir. Je me réveille pour les saluer mais je ne suis pas super énergique. Je me contente de leur serrer la main et de dire bonne chance pour la suite. Et quelques impressions livrées plus tôt se sont confirmées dans le dernier regard échangé avec la personne qui me rebute de plus en plus. Les yeux sont le miroir de l’âme. Et ya des êtres humains qui n’ont pas d’allure.

Pour cela et les quelques sorties ratées des derniers jours, c’est la première fois depuis que je voyage que je suis soulagé à la croisée des chemins. Habituellement, on se sent cruellement seul à ce point.

La suite: Superbe café et fin de voyage à Wien