Découvertes romaines à Trier

Mardi 18 septembre

Après un an d’attente, j’y suis enfin. De retour en Allemagne pour un périple d’un mois dans la partie Ouest. Tout commence à Trier (prononcé Tri-air), une ville fondée à l’époque de l’empire romain. Au fait, il s’agit de la plus vieille ville du pays et son passé a aussi été marqué par la Guerre de 30 ans. Ceux qui connaissent l’histoire européenne avant l’industrialisation comprendront.

Passer de Montréal à Trier n’est quand même pas de tout repos. Je n’ai pas à me plaindre du vol Montréal-Paris. J’hérite, à mes côtés, d’une jeune femme qui tient à dormir pendant le vol. C’est 100 fois mieux, par exemple, qu’un bébé qui crie de façon à percer les tympans.

Surprise à la fin d’une longue escale à Paris, par contre: le vol vers Köln est annulé ! Par chance, le personnel d’Air France me replace rapidement sur un vol vers Düsseldorf, qui est à 38 kilomètres de la destination initiale. Ça pousse toutefois un ami qui reste dans la région de Bonn à venir me chercher plus loin que prévu car j’ai le cerveau trop bousillé pour naviguer dans le transport en commun.

Par la même occasion, je vis ma première expérience d’autobahn, ces sections d’autoroute sans limite de vitesse. Croyez-moi, on s’habitue à rouler à 160-180 km/h. Ça semble lent lorsque l’on revient à une limite de 100 dans les zones plus sinueuses. De façon étonnante, les autoroutes allemandes ne sont pas éclairées. Tous ces facteurs poussent à la vigilance, ce qui explique peut-être pourquoi il n’y a pas plus d’accidents ici.

Quelques minutes de social et ensuite dodo. Plus de 20h dans le système inhumain des aéroports, ça use.

Mercredi 19 septembre

On me dépose au centre urbain le plus proche (Bad Godesberg) et mon séjour de tourisme commence ce matin !

J’ai l’occasion de renouer avec la courtoisie européenne en allant me chercher un premier café. À un petit endroit qui mêle café, boulangerie et librairie, mes efforts en allemand me font mériter une gâterie gratuite pour accompagner mon cappuccino et mes mini-pains au chocolat. C’est gentil.

Afin de me faciliter la vie, je passe par un magasin T-Mobile afin de mettre une carte SIM locale dans mon iPhone. Avec ça, j’ai un numéro allemand pour faire des appels et Internet mobile illimité. Ça facilite tellement la planification. Finies les courses pour trouver des cafés Internet ou du Wi-Fi pour googler quelque chose. Ou les grands déplacements pour des horaires de train. Du précieux temps est ainsi économisé. En plus, j’en ai besoin pour me coordonner avec des gens que je prévois de voir pendant le voyage.

Une fois cela fait, je peux prendre le train vers Trier. Rendu sur place, j’ai du temps pour régler des trucs mineurs avant de me rendre à une auberge où j’ai une réservation. Je me retrouve dans un dortoir de six lits où sont déjà présents des étudiants allemands qui se cherchent des logements pour leurs études. Ces gens ont de la classe et du savoir-vivre, d’ailleurs. Je suis bien tombé car les voyageurs étrangers n’ont pas toujours ces traits.

Faut éventuellement souper. Je trouve un resto populaire localement: Kartoffel Kiste, qui se spécialise dans les plats comprenant des patates. Ce style n’est aucunement surprenant ici, les patates faisant partie des mets traditionnels germaniques. Une assiette de filet de porc, brocoli, champignons avec sauce ainsi que les incontournables kartoffeln complémente bien la classique Radeberger Pilsner.

Bayern-Val;encia
La vie sauve. Danke schön !

Cela fait, j’ai une seule priorité en soirée : trouver un bar qui diffuse le match Bayern-Valencia en Ligue des champions. Non seulement suis-je en terrain favorable grâce aux autres supporteurs du club qui sont sur place, mais la bière blanche Paulaner est fraîche et l’atmosphère est entière avec les commentateurs de Sky Deutschland. Ça agrémente bien une victoire, non ?

Jeudi 20 septembre

Les effets du long vol (et peut-être du comportement festif ?) étant ce qu’ils sont, le démarrage est lent. Mais c’est correct, je suis un adepte du slow living.

Au déjeuner, j’ai droit à une bonne conversation avec une brunette de Hamburg qui apprécie de voir que j’ai bien aimé visiter sa ville, il y a quelques années. Ah, les charmes de l’Allemagne. Par contre, mon affection pour le Bayern ne fait pas l’unanimité. Un employé de l’auberge, qui préfère Borussia Möchengladbach et déteste mon club, me suggère à la blague de ne jamais lui confier mon maillot du Bayern. Un accident est si vite arrivé, me dit-il, en sortant une paire de ciseaux !

Les visites commencent sur l’heure du midi. Au menu se trouvent plusieurs sites à saveur romaine, reflétant la longue histoire de Trier.

On fait quoi comme premier arrêt ? La cathédrale, pour ensuite me concentrer sur ce qui m’intéresse davantage. Cet édifice datant de l’époque romaine est énorme et assez impressionnant, surtout grâce à son intérieur impeccable. On dirait que ça vient d’être construit ou rénové.

Dom Trier
La cathédrale. Pas laid.

Nächste Halte : Porta Nigra. Littéralement la Porte Noire parce qu’assombrie par l’âge et la pollution depuis sa construction, au 2e siècle. La simplicité, la beauté et la solidité du monument antique ne peuvent être ignorées. Je prends de bonnes photos grâce à la présence de fleurs qui permettent de donner un effet macro aux clichés. À son pied, des marchands alsaciens ne se gênent pas pour parler français aux clients.

Porta Nigra
La Porta Nigra!
Porta Nigra
Gros plan sur une fleur, pour le style.

J’ai l’occasion de déguster quelques macarons (un vrai péché) après avoir rapidement fait connaissance avec les “cousins” qui les fabriquent. J’ai pu apprendre que les Alsaciens ne se considèrent ni français ni allemands. Ils n’encaissent pas que chaque fois que le territoire était disputé, l’occupant levait les pattes sans trop se battre.

Macarons
Miam.

On continue la tournée en faisant un arrêt à Kaiserthermen, un assez gros complexe de bains romains. Tout en profondeur avec des galeries et des piscines taillées en vieilles pierres, le site est impressionnant.

Qui dit ville romaine dit aussi un amphithéâtre, un incontournable à quelques pas des bains. La forme du stade a bien été préservée mais les sièges ont été remplacés par de la pelouse. Fascinant. Je m’imaginais les gladiateurs en bas, en train de se battre dans l’arène.

Amphitheater
L’Amphitheater, c’est tellement beau.

Quoi faire d’autre ? Des signes savamment placés promettent une vue panoramique sur Trier à minutes à pied. Le chemin mène vers une montée entre les vignes. En plein coucher de soleil, j’ai du raisin Riesling qui pousse derrière moi alors que je prends des photos d’un élégant panorama, et ce sans touriste aux alentours. Schön !

Trier
Vue sur la ville et les vignes.
Riesling
Du riesling, qui est proche de la maturité.

Je finis la journée par une brève visite du Kurfürstliches Palais, un édifice rococo rose qui resplendit alors que le soleil frappe sa façade et ses moulures dorées. Il semble y avoir une dégustation de vin local par un club privé alors que je suis de passage. Gang de chanceux. Faudra bien que je me tape un verre ou deux de vin de la région de la Moselle.

Kurfürstliches Palais
Kurfürstliches Palais
Kurfürstliches Palais
D’un autre angle.

En soirée, on se la coule douce, hein. Je retourne au resto d’hier pour me taper une assiette de bratwurst, kartoffeln, zwiebeln und karotten. Mit bier, natürlich. De la cuisine allemande classique. Lecker.

Après ça, un bon dodo fait du bien pour se débarrasser complètement des effets de l’avion.

Vendredi 21 septembre

Cette journée ne sert qu’à relaxer, lire, prendre un café, rédiger et à retourner chez les amis de Bonn. Le week-end sera consacré à la visite de Koblenz et Mainz avec eux. Ça fait un an que j’ai dit que je les visiterais. Viel Spaß en perspective.

La suite: Le style de vie de Mainz