Coup de coeur pour Sarajevo

Lundi 14 octobre

Allez, c’est l’heure de partir pour Sarajevo ce matin. J’ai hâte, ayant une fascination naturelle pour l’endroit. J’ai de la compagnie cette fois, car une Argentine que je connais depuis Dubrovnik fait le trajet de bus avec moi. Les autres amis rencontrés là-bas ont pris un train plus tôt le matin.

La route est belle. Montagnes et lacs défilent à gauche et à droite, ce qui me plaît bien. Les deux heures et demi de transport se déroulent bien.

J’aimerais dire la même chose de l’arrivée à l’auberge. Recommandé par l’aubergiste de Mostar, cet endroit ne fait vraiment pas notre affaire. Propreté douteuse, en haut d’une pente très abrupte loin du centre-ville, ce qui rend l’accès déplaisant. Nous décidons de transférer ailleurs le lendemain.

Par contre, Sarajevo me fait ouvrir grand les yeux et les oreilles. C’est plus pauvre que Belgrade, mais culturellement riche. Le lieu est situé dans une petite vallée et l’on voit les maisons perchées sur les montagnes. Les minarets de mosquées sont partout et l’appel à la prière extrêmement doux à entendre. Wow!

Une descente à pied vers le coeur de la ville, avec un arrêt à un endroit donnant un bon panorama, nous amène directement à l’ancien quartier turc. Quelle vibrance ! Quelle ethnicité ! Les petits magasins offrent toutes sortes de marchandises faites à la main. Chacun fait quelques achats, dont une cafetière turque de couleur cuivrée pour moi :-)

Sarajevo
La beauté d’une ville à mes pieds

cimetière Sarajevo
Cimetière improvisé pour la guerre d’indépendance de 1992-96. Le siège de Sarajevo a été le plus long en Europe depuis 1945.
Quartier turc Sarajevo
Oriental et fascinant

Quartier turc Sarajevo

En soirée, je ressors seul pour aller souper. J’ai le goût d’essayer l’interprétation locale du chevapchichi. Petites saucisses de boeuf grillées, dans un pain pita avec des oignons, arrosées avec une bière de marque Sarajevo. Ça donne toute une haleine mais la qualité est au rendez-vous. Le tout dans un resto exploité par un ancien joueur vedette de Galatasaray, une équipe turque de foot. Sympa.

Retour à l’auberge et bonnes conversations. Une belle journée, quand même.

Église Sarajevo
Les églises cohabitent avec les mosquées et même des synagogues.

Mardi 15 octobre

Après le déjeuner, le transfert à la nouvelle auberge se produit. Comme pour sceller son sort, l’endroit n’offrait qu’une douche froide le matin. J’entends parler de gens qui sont tombés malades en raison de la mauvaise qualité de l’eau du robinet, que le personnel disait parfaitement bonne. J’ai réussi à éviter ça hier en prenant un antibiotique amené d’avance, dès la première crampe. Beurk quand même.

Ayant vent de nos plans, une autre voyageuse que nous connaissons se joint à nous pour “déménager” elle aussi. Et l’auberge que j’ai trouvé est super confortable. Sans problème d’eau. Un succès.

On rejoint ensuite d’autres amis en début d’après-midi, histoire de marcher dans Sarajevo. Sites historiques, mosquées, églises, bâtisses communistes et monuments se trouvent sur notre passage. Je parle d’une ville à la culture diversifiée.

Quelques ruines
Quartier communiste Sarajevo
Les restes du socialisme

J’insiste pour voir le pont latin, là où Gavrilo Princip a tué Franz Ferdinand, héritier du trône austro-hongrois en 1914. C’est l’assassinat déclencheur de la Première Guerre mondiale. Quelques balles, tirées en un rien de temps, qui ont bouleversé le monde.

Sarajevo 1914 shooting plaque
La plaque commémorant 1914
Pont latin Sarajevo
Le pont latin

Le groupe s’arrête à un café dans le quartier turc pour une dose de caféine à la mode local. Un plaisir de la vie. J’aime bien les tables basses. Tout autour sur les terrasses, il y a des gens qui fument de la shisha, ce qui donne vraiment une autre ambiance qu’ailleurs. À un autre moment, nous faisons l’essai d’un autre café où les pâtisseries sont très sucrées. Mon baklava est légendaire !

Café turc
Le café turc
Baklava
Miam

Sarajevo siege monument
Un monument pour le siège de 1992-96
Sarajevo siege monument
Les noms de victimes de la guerre

En revenant vers l’auberge, on parle de nos plans pour regarder le match de qualification pour la Coupe du monde de ce soir. Il opposera la Bosnie à la Lituanie. Si les Bosniaques gagnent, ils participent au tournoi pour la première fois de leur histoire. Visionner un match de foot nous intéresse déjà. Une victoire sèmerait la joie à travers le pays. Nous la souhaitons !

Cependant, les gens que nous attendons en début de soirée, pour ensuite trouver un endroit, arrivent un peu tard. Le match est déjà commencé et tous les endroits intéressants sont pleins à craquer. Nous nous contentons de nous installer dans une rue où une série de terrasses et d’écrans permettent de regarder debout, avec une bière.

La Bosnie domine le match avec son attaque, mais les Lituaniens résistent avec une défense qui ne cesse de se replier. Les spectateurs sont proches de l’éruption à chaque chance de marquer. Lorsque Ibisevic met le ballon dans le but à la 68e minute, le volcan éclate. Les Bosniaques crient, sautent, font sauter quelques pétards et se mettent à chanter. Ça dure cinq minutes avant de se calmer. La Bosnie garde le contrôle du match et gagne.

Les pétards, petits feux d’artifice et autres reprennent et la fête se passe dans la rue pendant plusieurs heures. Des gypsies font de la musique et dansent. Les médias internationaux s’étonnent devant cette énergie soutenue.

Nous rentrons en toute sécurité… dans une atmosphère de fête intense. Après un kebap. Je suis vraiment satisfait d’avoir assisté à un tel événement en bonne compagnie.

Mercredi 16 octobre

Couché tard, levé tard. Je suis quand même le premier hors du lit. J’en profite pour rattraper des trucs qui attendaient. Une fois les filles levées, on va se taper un déjeuner dans le quartier turc. Je m’offre une omelette on ne peut plus généreuse.

J’ai peu de temps devant moi aujourd’hui, devant prendre le minibus vers Belgrade à 16h. On me demande ce que j’aimerais visiter parmi quelques choix qui plaisent à tout le monde. Allons au musée de l’histoire de Sarajevo avant 1914. Nous avons le plaisir de découvrir l’important profil progressiste de cette ville multiculturelle. Sous l’empire austro-hongrois, Sarajevo a servi d’incubateur pour les technologies, comme le premier tramway électrique, et les nouvelles institutions.

Un arrêt à un café pour du café turc et des pâtisseries. Ouf. Il faut savoir que tout est bien sucré ici. Je n’arrive pas à finir mon marzipan (pâte d’amandes). Étrangement, l’Argentine qui disait avoir trop ingéré de sucre la journée d’avant me demande “est-ce que peux le finir ?”. Hahahahaha !

On rentre à l’auberge et je dois dire au revoir aux compagnes de voyage. Ahhhhh, ça ne me tente pas de les laisser derrière ou de quitter Sarajevo. C’était un plaisir, mesdames. Vous avez rendu ce voyage fort agréable, à grands coups d’intelligence et de personnalités attachantes :-)

Le trajet vers Belgrade prend quand même du temps parce que la Bosnie n’a pas d’autoroute en direction de Belgrade. J’arrive passé minuit.

Jeudi 17 octobre

Que dire… Ce n’est pas une journée légendaire. Je prends ça mollo à Belgrade. Les grands moments de la journée sont de profiter du café turc que l’on me fait le matin, de relaxer sur la terrasse d’un café à la mi-journée et d’acheter des trucs à ramener à Montréal.

Le moral un peu à plat, je passe ensuite pas mal de temps à l’auberge, là où se trouve un staff des plus amusants. Ça fait du bien de les revoir. Ils m’ont donné un bon élan lorsque le voyage s’est amorcé en septembre.

Un dernier souper me permet de découvrir les boulettes de viande grillées à la façon serbe, avec une salade traditionnelle. Pas pire…

Il faut encore dire au revoir à des gens que j’ai appréciés.

C’est tellement clair: je vais m’ennuyer des Balkans. Ce voyage a été extrêmement fascinant et diversifié, en couvrant peu d’espace et dépensant peu d’argent. Merci pour ces expériences inoubliables.